<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3918826982792166367</id><updated>2011-07-30T15:48:37.945-07:00</updated><title type='text'>Nouvelles de Will</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3918826982792166367/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Will</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01010456360214085255</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>3</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3918826982792166367.post-4754142811703061820</id><published>2009-07-03T13:58:00.000-07:00</published><updated>2009-07-03T14:17:14.732-07:00</updated><title type='text'>Le Froid de la Ville</title><content type='html'>Un matin au réveil, l’homme taciturne abandonna son matelas en émergeant de songes agités. Il jeta son drap d’un coup de pied désintéressé, et alla se plonger la figure dans l’évier. Il tituba encore somnolant jusqu’à la cuisine, mais là, son frigo était vide. Il devait donc sortir et se confronter à la ville. Il n’était que sept heure, peut-être avait-il une chance de rencontrer tout un espace urbain endormis. Il enfila une veste noire, verrouilla la porte et se dirigea vers la voiture, mais resta un moment en admiration devant ce gigantesque lac de glace. Il était impossible d’estimer sa taille, et la brume dressait un opaque mur impénétrable où l’on ne voyait rien au-delà de dix mètres. Il resta de longues minutes détaché de la réalité, les yeux perdus dans la brume, puis s’arracha de cette transe pour aller à sa voiture. Il tourna la clé, et emprunta la sinueuse route menant à la ville. Mais à peine se fut-il éloigné du lac qu’il entendit le bruit caractéristique d’un pneu crevé. N’étant pas trop éloigné de la maison, il retourna chercher une roue parmi une réserve qu’il gardait au cas ce genre d’incident arriverait, et se mit en tâche de remettre sa voiture en état. Ce ne fut pas compliqué, la réparation se révéla plutôt longue, et ses espoirs de ne pas rencontrer foule à la ville s’étaient éteints.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cris stridents des machines entamèrent leurs chants perçants au bord de la route Ouest. Un passant trottinait avec un rythme soutenu mais durable avec un ravissant labrador couleur cendre et neige qui prenait plaisir à courir en tout sens autour de son maître. La boulangerie invitait les environs à manger son pain aux portes de la ville. Quelques fenêtres s’ouvraient ponctuellement, les volets claquaient. L’épicier levait le rideau de fer. La voiture bleue argentée se rangea dans l’angle de la boutique et d’une maison.&lt;br /&gt;La portière s’entrebâilla et une silhouette se matérialisa. Un homme de trente-cinq/quarante ans à l’allure austère les yeux repliés derrière des lunettes noir d’encre dans lesquelles les dernières étoiles se reflétaient. Le soleil n’était pas encore levé et la pénombre dominait.&lt;br /&gt;Le carillon tinta métalliquement lors de l’ouverture de la porte. L’étranger baissa brièvement la tête à l’adresse de l’épicier, qui ne le quitta pas des yeux. Lorsque l’inconnu disparut derrière des rayonnages, l’épicier poursuivit alors tous ses déplacements sur des écrans gris sous la caisse avec suspicion. L’homme ne prêta aucune attention aux doutes de l’épicier accumula des boites de conserves, de la viande, de l’eau... Il déposa ensuite tous ses articles sur le comptoir sans paraître une seule fois gêné des regards cinglants qu’on lui adressait. Il ressortit sans avoir prononcé le moindre son. Il rangea ses achats dans le coffre, puis alla plus à l’intérieur de la ville, tout en remarquant qu’il avait éveillé la curiosité de cinq ou six personnes sur les trottoirs ou derrière des fenêtres rideaux écartés d’un geste de commérage. Nullement affecté, il continua sa marche nonchalante si indigne d’intérêt qu’elle repoussait tous les regards curieux. Le clocher au cœur de la ville exhortait ostensiblement son cadran où on lisait huit heures vingt minutes. L’intrus retrouva le lieu qu’il avait noté plus tôt lors de sa première venue. Il entra. Il prit plusieurs pots de peinture, acheta également une masse. Il posa sa demande sur le comptoir où le vendeur et deux clients discutaient. Ils se turent instantanément. Il paya et sortit, toujours sans prononçait le moindre mot.&lt;br /&gt;La première impression nullement réjouissante qu’il donnait était celle d’un homme glacial profondément antipathique. Il repartit sans bruit, les dents toujours serrés. Il quitta la ville sous le regard d’une dizaine de nouveaux passants venant de s’éveiller.&lt;br /&gt;- C’est quoi son problème ?&lt;br /&gt;Les deux clients et le gérant du magasin de matériel de travaux étaient sur le trottoir.&lt;br /&gt;- On le saura lorsqu’il sera bien trempé dans le bar des cartes dans les mains et plus un sous dans les poches.&lt;br /&gt;- Bientôt une semaine, et c’est seulement la deuxième fois qu’il vient. Qu’est-ce qui te fais croire qu’il voudra se mettre en bière ? ricana le troisième qui n’avait pas encore parlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour au lac, l’homme déchargea sa voiture, mais à peine arriva-t-il sur le perron, qu’il eut la vision d’une vieille femme pleurant. Après une minute, la vieille dame remarqua enfin la présence de l’homme.&lt;br /&gt;- Oh, je vous prie de m’excuser. Alors c’était donc vrai. La maison a été rachetée. Ma fille vivait ici. Jusqu’à...&lt;br /&gt;Elle renifla bruyamment et reprit :&lt;br /&gt;- Pardonnez-moi, je vous importune peut-être ?&lt;br /&gt;- C’est une certitude. Répliqua immédiatement et sèchement l’homme avec une exaspérance difficilement dissimulable.&lt;br /&gt;La vieille femme ne comprit sans doute pas la violence des propos, ou peut-être n’entendait-elle pas, car elle poursuivit comme si l’homme s’excusait pour elle.&lt;br /&gt;- Je ne dérangerai pas plus longtemps. Passez une bonne journée.&lt;br /&gt;L’homme grogna et se serait jeté à coup sûr sur la pauvre femme pour la tuer froidement si celle-ci était restée plus longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passa ainsi la journée entière à reconstruire la maison. Malgré les trous dans les murs et son simple tee-shirt, il n’était absolument pas sujet au froid. Neuf heures du soir sonnait lorsqu’une soif sèche exigeait d’être étanchée. Hélas, il ne restait plus aucune goutte d’alcool. Le manque étant trop fort, il se résigna donc à retourner en ville. Les magasins seraient fermés pour sûr, mais il restait toujours les bars. Il n’avait plus de choix, il devait sortir. Mais sa sortie fut originale. Plutôt que d’emprunter l’escalier pour descendre, il se contenta d’enjamber la rambarde et se laissa tomber du premier étage. Il ferma la porte, et se dirigea vers la voiture, mais une fois encore, il fut arrêté dans sa marche, et admira le lac où luisait la lune. Il faisait noir, et ce mystérieux lac était envoutant. Comme Ulysse qui entendait les chants des sirènes, on se sentait attiré par ce grand lac mystique. S’arrachant du songe, rappelé par sa soif, il alla à sa voiture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien plus animé que la veille, le bar était bondé. Certains jouaient aux cartes, d’autres aux fléchettes, d’autres au billard, d’autres discutaient simplement, ou bien buvaient. La chaleur étouffante n’était pas désagréable, et en occultant l’irrespirable brume grise des cigares et cigarettes, le lieu avait tout pour plaire. Bien qu’étant un véritable capharnaüm acoustique avec la musique montée très haut, le chahut général et divers cris de victoires et les jurons, il attirait le monde. Après leur journée de travail, chacun passait du bon temps.&lt;br /&gt;Ce fut dans cette bonne ambiance que la porte grinça à l’entrée d’un nouvel individu. C’était l’Irlandais. Le vacarme n’avait pas cessé, mais certains s’étaient tournés pour examiner l’étranger qui avait acheté la maison du lac. L’irlandais toisa le regard de chacun avec dédain et alla droit au bar.&lt;br /&gt;- Tu veux quelque chose mon gars ? demanda le barman.&lt;br /&gt;- Un whisky, simple.&lt;br /&gt;- Tu ne regretteras rien de ton Irlande, mes réserves sont de qualité mais ont également un caractère qui leurs sont propres.&lt;br /&gt;- Je n’en doute pas, répondit-il simplement.&lt;br /&gt;- Alors tu parles finalement, bava un homme éméché à sa gauche.&lt;br /&gt;L’irlandais tourna la tête lança un regard froid et assassin. Aussitôt, l’homme éméché déglutit, et se tourna dans l’autre sens pour boire sa bière.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qui t’as fait sortir du lac ? reprit alors le barman.&lt;br /&gt;- Le vide dans mes placards.&lt;br /&gt;Le barman sourit malicieusement comme s’il comprenait et qu’il compatissait.&lt;br /&gt;A ce moment, deux hommes s’adressèrent à l’étranger et le provoquèrent dans une partie de billard. Afin d’être le plus convaincant possible, ils déposèrent quelques billets. Sans doute guidé par l’orgueil ou l’appât du gain, l’homme accepta.&lt;br /&gt;- Je m’appelle Frank. Avocat le jour, truand la nuit. Déclara un homme d’un bon mètre quatre-vingt, cheveux blonds coupés courts, yeux verts éclatant. Il portait un maillot noir trempé de sueur et avait une queue d’un très joli bois verni miroitant. Ses mains étaient très propres, c’était sans conteste un très bon joueur de billard.&lt;br /&gt;- Enchanté, répondit l’étranger. Je m’appelle Ulric. Retraité.&lt;br /&gt;Ils se serrèrent la main d’une forte poignée virile.&lt;br /&gt;- Retraité ? Vous me semblez bien jeune. Dans quel domaine étiez-vous, si ce n’est pas indiscret.&lt;br /&gt;- Intérim, répondit simplement Ulric après une courte réflexion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Frank mit les dernière boules dans le triangle, caressa l’extrémité de la queue avec du bleu, puis se tourna vers Ulric.&lt;br /&gt;- A vous l’honneur.&lt;br /&gt;Il n’y avait que deux joueurs, mais facilement vingt spectateurs. Des paris avaient même été lancés. Ulric ignora les réactions publiques, et évoluait comme si l’univers ne comprenait que lui, le billard et l’adversaire.&lt;br /&gt;- Les rumeurs clament partout que vous êtes irlandais. Auraient-elles raison ?&lt;br /&gt;- Presque. A moitié pour être exact.&lt;br /&gt;- Le père, la mère ?&lt;br /&gt;- A vous, d’où venais-vous ?&lt;br /&gt;- Narvik, norvégien pure souche.&lt;br /&gt;- Ma mère était irlandaise. Mon père lui était français. Quel âge avez-vous dis que vous aviez ?&lt;br /&gt;- Je n’ai rien dit. Trente-six ans. Seriez-vous plus jeune ?&lt;br /&gt;- Quarante-six ans.&lt;br /&gt;Tous furent surpris.&lt;br /&gt;- Ma foi, vous ne les faites pas, avoua Frank.&lt;br /&gt;Ils s’arrêtèrent de parler un instant, se concentrant sur le jeu.&lt;br /&gt;- Vous arrêtez là vos questions ?&lt;br /&gt;- Pourquoi continuerai-je ? Je sais tout ce que je voulais. Vous avez un emploi stable, mais bien ennuyeux à votre goût. Vous louez une passion pour les bateaux ; à voile je veux dire. Vous avez une femme, deux enfants, dont l’un en bas-âge. Vous n’aimez pas particulièrement les chiens, contrairement aux gens du coin, et vous avez un chat, sinon plus. Vous avez quelques problèmes de vue, l’œil gauche je dirais. Vous faîtes des travaux chez vous. Oh, et vous avez des maux de ventre passagers.&lt;br /&gt;Un cercle de silence se fit instantanément autour de la table de billard. Frank en fut désarçonné.&lt;br /&gt;- Vous m’avez dit être avocat, comme le suggère votre serviette sous le billard, mais votre activité naturelle impulsive et dynamique n’est nullement satisfaite par ce travail de bureau. Ainsi, vous créez une double personnalité, comme vous l’avez dit. Le jour, vous êtes avocat, pour nourrir votre portefeuille. Et la nuit, vous être joueur, buveur, parieur, voir bagarreur - vous avez quelques bleus sur la joue gauche et de très légères luxations aux poignets -, mais vous avez également une autre passion : la voile. Les marques rouges sur vos mains sont celles que laissent les cordes de ces fiers navires, et le vent et la pluie façonnent aussi le visage, comme ceux des marins : martelé par l’eau, les yeux plissés, la trace du cordon de la capuche. Cela fait vivre votre cœur. Votre alliance à l’annulaire gauche ne trompe pas. Vous allez offrir un journal à votre fille qui le demande sans doute depuis longtemps. Il dépasse de la poche extérieure droite de votre veste sur le dossier de la chaise derrière vous. Vous gardez également une tétine de votre bébé en guise de porte-clés, et de la farine de biberon vous est restée sur le haut du tee-shirt lorsque vous l’avez préparé. Votre dégoût pour les chiens est perceptible à deux-cent mètre et les différentes griffures à vos poignets et vos avant-bras montrent que vous aimez jouer avec votre ou vos chats. Avant de débuter la partie, vous vous êtes administré deux gouttes de ce petit flacon orange que vous avez rangé dans votre poche, utile lors de problèmes momentanés de vue, dans un cas d’hypertrophie temporaire dans votre cas il me semble. Quant aux travaux, vous gardez encore du plâtre sur vos superbes mocassins et au bas de votre pantalon. Ainsi, vous débuté votre journée en préparant le biberon de votre bébé, vous êtes allé à votre cabinet jusqu’au milieu de la journée, vous avez mangé des spaghettis - attention ça tâche, au niveau du col - vous êtes entré dans un magasin pour acheter le journal de votre fille, profitant qu’elle était à l’école, vous êtes rentré, mais l’avez gardé dans votre poche, car elle serait capable de fouiller la maison, et la surprise n’en serait plus une ; vous avez nourris votre chat, joué avec lui, et êtes allé voir où en étaient les travaux, avant de mettre brièvement la main à la pâte. En fin de journée, vous avez désiré passer une bonne soirée en compagnie de bons amis et faire quelques parties de billard.&lt;br /&gt;Tout en parlant, Ulric avait réussit d’admirables coups en rentrant quatre boules rayées à la suite. Mais ce n’étaient les coûts très habiles qui étaient les plus surprenants. Frank prit le temps d’analyser tout ce qu’il avait entendu, avant de demander incessamment :&lt;br /&gt;- Vous faisiez quoi avant d’être retraité ?&lt;br /&gt;- J’ai voyagé. Beaucoup voyagé.&lt;br /&gt;Le timbre de sa voix n’avait pas changé un seul instant. Il était maître de ses émotions, maître de ses paroles, maître de tout. Si on écoutait la voix sans les paroles, on jurerait qu’il s’agissait dépressif sur le point de se suicider. Mais en revanche, lorsque l’on écoutait les paroles, on jurerait avoir affaire à un assassin, tueur de sang froid relevant chaque détail. Sa seule présence suffisait à glacer le sang, mais ses dires vous arrachaient le cœur encore battant, tremblant de peur. Ainsi, quand la partie s’acheva sur victoire incontestable de l’irlandais, l’ambiance morose était devenue funèbre. Ayant étanché sa soif à l’issue de six verres de whisky, il remit sa veste et fit ses adieux à l’assemblée avant de sortir.&lt;br /&gt;Quelques minutes plus tard, lorsque chacun récupérait ses esprits, un homme entra précipitamment avec fracas.&lt;br /&gt;- Venez voir, vite ! C’est l’irlandais, avec un braqueur !&lt;br /&gt;Tout un petit groupe se rua dans la rue, et ce qu’il vit n’était pas du tout ce à quoi il s’attendait. Ulric maintenait fermement le bras d’un homme, le genou contre la tempe. Le pauvre agresseur  était immobilisé au sol, et aussi dangereux qu’une mouche. L’irlandais lâcha prise, tendit un couteau, sans doute celui de l’agresseur, et le fracassa contre le mur du pub. La lame de brisa en mille morceaux, tandis que l’autre tentait tant bien que mal de se relever. Presque tout l’entourage était déjà reparti, il ne restait que cinq ou six spectateurs, dont Frank. Le malheureux lança des regards apeurés vers tous ceux qui l’entouraient.&lt;br /&gt;- C’est bon, c’est bon. Je n’ai rien fait. J’ai compris la leçon, gémit-il en se serrant le poignet, qui manifestement, avait été littéralement broyé par la main de l’irlandais. Ulric le regarda d’ailleurs d’un regard sans expression.&lt;br /&gt;- Allez, tire-toi si tu tiens à la santé, cria un homme à forte carrure avec une crinière brune en guise de cheveux.&lt;br /&gt;Le braqueur se sauva sans demander son reste.&lt;br /&gt;- On le laisse filer, demanda Frank.&lt;br /&gt;- Il y en a à chaque coin de rue. Et si on s’acharne sur tous les petits merdeux, ça pourrait déranger les loups plus dangereux. Mieux vaut garder les chatons qui mordillent plutôt que des fauves en furie. Et celui-là ne reviendra pas avant un moment, j’ai l’impression que notre ami l’irlandais lui a explosé le poignet.&lt;br /&gt;Il s’adressa ensuite à Ulric :&lt;br /&gt;- En toute logique, je te demanderai comment tu irais, mais je vois que tu te portes à merveille.&lt;br /&gt;- Pas plus dangereux qu’un chat avec des griffes en mousse, déclara simplement Ulric en jetant le manche du couteau avec un morceau de lame brisé encore accroché dessus dans les mains de son interlocuteur.&lt;br /&gt;Il tourna les talons les mains dans les poches comme si rien ne s’était passé. Les autres rentrèrent dans le pub où presque toutes les conversations tournaient autour de l’incident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous avez vu avec quelle facilité il l’a maitrisé ?&lt;br /&gt;- Moi je vous le dis, il est louche ce type.&lt;br /&gt;- Il est peut-être louche, mais il a de la force dans les mains. Vous avez vu comment il broyé la main de l’autre miteux ?&lt;br /&gt;- Raison de plus pour s’en méfier. Moi je dis, il est louche ce type. Grogna un homme ivre à la barbe de vingt jours qui n’avait de toute évidence pas rencontré la moindre goutte d’eau depuis plus d’une semaine.&lt;br /&gt;La soirée se prolongea ainsi, où l’ivresse et les braillements se mariaient avec grand bruit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3918826982792166367-4754142811703061820?l=nouvelles-de-will.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/feeds/4754142811703061820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3918826982792166367&amp;postID=4754142811703061820' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3918826982792166367/posts/default/4754142811703061820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3918826982792166367/posts/default/4754142811703061820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/2009/07/le-froid-de-la-ville.html' title='Le Froid de la Ville'/><author><name>Will</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01010456360214085255</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3918826982792166367.post-3360105138488768763</id><published>2009-06-26T15:23:00.000-07:00</published><updated>2009-06-26T15:24:04.442-07:00</updated><title type='text'>Gouttes de Rosée</title><content type='html'>Les raies solaires perçaient les gouttes de rosée qui apparaissaient tels des diamants dans l’herbe fraiche. La matinée était paisible et la tempête nocturne avait disparut, laissant place à un saphir et argenté ciel moucheté de voiles blanches nuageuses, illuminé pas un soleil d’or et de pourpre. Le gigantesque lac révéla une fine couche de glace blanche à sa surface.&lt;br /&gt;C’est là qu’une grosse voiture s’arrêta. La portière s’ouvrit en laissant sortir un homme en uniforme, plutôt grand. Nul doute officier de police. Il fixa son chapeau sur la tête, claqua la portière et s’approcha lentement de la maison faisant face au lac. Il monta sur le perron après avoir examiné furtivement la voiture garée proprement contre le mur à l’abri du vent - de fait, elle n’était pas couverte de neige ni de givre malgré une blancheur cristalline à la surface. Le policier n’était pas un grand connaisseur des voitures, mais voyait qu’elle était de métal bleu, l’air sportive. Elle coûtait sans doute cher, mais ce n’était le genre de voitures que choisissaient les riches excentriques. Il remarqua ensuite un camion, l’avant face au lac, l’arrière face au salon. Il connaissait cette maison et savait à quel point elle était délabrée.&lt;br /&gt;En l’absence de sonnette, le policier frappa distinctement sur la vielle porte en hêtre. Après deux ou trois longue minutes d’attente, le déclic de la porte était perceptible de l’autre coté du mur. La porte massive s’ouvrit en grinçant, dévoilant alors un homme austère.&lt;br /&gt;Agé de trente-cinq ou quarante ans. Portant un simple tee-shirt noir, malgré sa finesse, des muscles saillants dessinaient ses bras. Plutôt mince, il semblait pourtant n’être fait que de muscles. Mais son visage était glacial, et si un regard pouvait tuer, nul doute que le policier serait mort sur le coup. Une barbe d’une semaine, des plaies et bosses accidentaient son visage. L’officier releva également une coupe à l’œil droit, au niveau de l’arcade sourcilière. S’il avait eu une carrière militaire, cela n’aurait étonné personne. Les cheveux châtains. Ses yeux plissés empêchaient d’en connaître la couleur, et ses dents serrées témoignaient de l’agacement sinon de l’énervement.&lt;br /&gt;A son tour, le propriétaire jaugea l’officier de police des pieds à la tête, et après une minute de silence, grogna à peine perceptiblement :&lt;br /&gt;- Que voulez-vous ?!&lt;br /&gt;- Je me présente, je m’appelle Harold. Officier de police à la ville. Vous êtes nouveau il me semble. Je suis venu voir si tout se passait correctement. Vous n’avez pas besoin d’aide ?&lt;br /&gt;- Nullement, répliqua sèchement l’homme.&lt;br /&gt;- Le notaire m’a également dit de vous donner ce double du complément concernant l’achat de la maison, à votre demande.&lt;br /&gt;Joignant le geste à la parole, il tendit un dossier bleu au propriétaire, qui examina les feuilles une par une sans se soucier de l’homme au dehors victime du froid. Apparemment satisfait, son expression étant parfaitement neutre, le policier ne pouvait que le supposer. Le propriétaire tourna le dos, posa le dossier sur un meuble, avant de revenir à la porte. On pouvait alors voir partout nombres quantités de cartons, parfois ouverts, parfois empilés les uns sur les autres. Dans les pièces voisines, on pouvait apercevoir des pots de peintures, de vernis, des marteaux, des planches... Avant que de laisser son interlocuteur mettre fin à la conversation, le policier tenta d’amorcer la conversation.&lt;br /&gt;- Comment vous appelez-vous ?&lt;br /&gt;Le propriétaire regarda l’agent droit dans les yeux sans manifester la moindre appréhension quant à son statut et tarda avant de répondre.&lt;br /&gt;- Je ne pense pas être hors la loi si je ne réponds pas, à moins qu’il ne s’agisse d’un contrôle. Dit-il distinctement à travers les dents serrées sur un ton de défi.&lt;br /&gt;Le regard glacial et la réponse tout aussi froide estomaqua l’agent, et avant qu’il ne réagisse, la porte se claqua brutalement.&lt;br /&gt;- Aimable, dit-il ironiquement à lui-même.&lt;br /&gt;Sachant que toute autre tentative serait vaine, il décida de repartir à sa voiture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir refermée la massive porte de hêtre, le propriétaire des lieux rangea soigneusement le dossier bleu dans un grand classeur. Enjambant multiples cartons et caisses, l’homme retourna dans le petit salon où la moitié des murs étaient gris-beige étaient dénudés de papiers peints. Les trous dans le mur avaient déjà été comblés mais la fenêtre arrachée. En levant les yeux, il vit cependant lustre cuivré qui pendait lamentablement au plafond, seulement retenu par son fil électrique. Vérifiant que le courant été bien coupé en tapotant sur l’interrupteur, il sauta et s’accrocha au lustre, qui lâcha immédiatement prise en faisant pleuvoir des nuées de poussières. Ayant assuré sa réception - le lustre en cuivre rencontrant le sol - il se releva et balança la pièce inutile au sommet d’un amont de débris et vieilleries comparables au cuivre lustre rouillé bosselé. Il alla ensuite dans la cuisine, prit un grand sac noir, retourna dans le petit salon. Il mit la montagne de débris à l’intérieur, referma le sac, et se dirigea ensuite vers le salon. L’énorme fenêtre était elle aussi arrachée, et le panorama offert était l’intérieur du camion, garé contre le mur. Il posa son sac et retira les cinq ou six cartons encore à l’intérieur du véhicule qu’il bazarda dans un coin du salon. Il s’empara ensuite de tous les sacs poubelle gros comme des meubles avec facilité, et les jeta dans le camion.&lt;br /&gt;Il passa ensuite le reste de la journée à décharger les débris à la décharge par des va-et-vient incessants.&lt;br /&gt;Les jours se succédèrent, tous avec cette ardente activité où le propriétaire installa la fenêtre du petit et du grand salon, abattit l’escalier menant au premier étage et commença à installer les premiers meubles indispensables (un réchaud, un évier acheté à la ville, une table et une commode). Pour dormir, il se contentait d’un drap posé à même le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le propriétaire s’était mis en tête de refaire la maison à neuf. Le travail était fastidieux, et la demeure loin d’être jeune. C’était un soldat norvégien : au lendemain de la guerre, lorsque les nazis étaient jugés pour leurs crimes, lorsque l’Europe se reconstruisait, lorsque l’on découvrait l’horreur des camps et par la même de la nature humaine, lorsque l’on comptait les crimes, les massacres et les millions de victimes, un malheureux soldat norvégien regardait également son cursus et comptait ses pertes. Il comptait sa femme et sa fille unique, tous deux massacrés lors d’une attaque marine du Reich et l’entrée en guerre de la Norvège. Aux débuts des combats, après la mort de ses seules raisons de vie, ce soldat avait voyagé dans l’Europe au gré des infortunes. C’est ainsi qu’il participa à la bataille des Ardennes et qu’il découvrit les camps par la suite lors des offensives en Allemagne. Apparemment, il avait gagné la guerre, mais jamais plus il ne pourrait ressentir des sentiments de joie ou de bonheur pensait-il après avoir vécu et vus tant d’horreur. Il décida par la suite de disparaître, et se réfugia dans le nord lointain de la Norvège en voulant fuir tout ce qu’il avait vécu, voulant obstinément oublier toutes les tristesses qu’il avait connu. Il avait bâti une nouvelle vie pierre par pierre. Il trouva même une ravissante femme avec qui il eu une superbe fille. Il renaissait, il redécouvrait alors le plaisir et le bonheur. Mais l’hiver dernier, on vit son corps inerte sur la terrasse du premier étage, face au lac. Des photos insensées éparpillées sur le sol, l’arme qu’il avait utilisée lors de la guerre au creux de son poing, un trou dans la tête. Ce fut alors au tour de sa veuve de fuir cette tragédie avec sa fille. Depuis lors, la grande maison fut laissée à l’abandon et rejoignait la Terre, pierre par pierre. Mais un inconnu survint et prit le rôle du soldat norvégien, il rebâtit la maison morceau par morceau. Etrangement, bien qu’il n’en connaisse par l’architecture, il avait reconstruit la maison avec une troublante similitude à sa nature originelle. Les travaux étaient bien loin d’être terminés, mais cela procurerait une occupation constante au nouvel habitant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3918826982792166367-3360105138488768763?l=nouvelles-de-will.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/feeds/3360105138488768763/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3918826982792166367&amp;postID=3360105138488768763' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3918826982792166367/posts/default/3360105138488768763'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3918826982792166367/posts/default/3360105138488768763'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/2009/06/gouttes-de-rosee.html' title='Gouttes de Rosée'/><author><name>Will</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01010456360214085255</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3918826982792166367.post-1882447760375624415</id><published>2009-06-18T08:11:00.000-07:00</published><updated>2009-06-18T10:31:45.928-07:00</updated><title type='text'>Chant du vent</title><content type='html'>Le bois continuait de chanter ses craquements familiers. Le tintement cristallin des verres suspendus s’entrechoquant rythmait ponctuellement la mélodie. Les bruits de pas d’un homme allant d’une table à l’autre perturbaient parfois l’habitude. Le barman servit pour la troisième fois l’homme avachis sur son tabouret de manière désinvolte en poursuivant sa conversation avec son vieil ami accoudé au bar la chope à demi-pleine devant lui en se grattant parfois la barbe d’une manie récurrente. L’horloge suspendus au mur du coté juste en dessous du palier du premier étage indiquait 11h30 de ses aiguilles au son des tic-tac quand la porte d’entrée s’ouvrit avec un fort grincement et un claquement violent, faisant entrer une silhouette grise encapuchonnée. Les discussions s’estompèrent et les yeux convergèrent vers le nouvel arrivant, puis considérant cela comme peu attrayant, chacun retourna à ses occupations.&lt;br /&gt;    Le nouvel arrivant, de bonne carrure, portait un dessus gris aux poches à carreaux type écossais surmonté d’une capuche, un large pantalon vert troué de dizaines de poche d’où débordaient tournevis, équerres et autres outils. Trempé de la tête aux pieds, il releva sa capuche d’un rapide mouvement de la main, révélant une tête bourrue au visage mal rasé où chevaux blond courts se battaient avec gouttes et gouttelettes. Ses yeux d’un bleu clair miroir s’habituaient lentement au lieu sombre éclairé par la lampe à naphte.&lt;br /&gt;     - Ouf ! Quel Vent ! Et quelle pluie !&lt;br /&gt;Il s’approcha du bar et demanda d’une voix forte.&lt;br /&gt;     - Un Whisky bien fort, patron !&lt;br /&gt;Le barman s’exécuta et lui tendit sa chope gorgée de l’appréciable breuvage. Il prit une gorgée, puis approcha la tête, et dit avec confidence :&lt;br /&gt;     - Dis Eric, tu savais que la baraque du lac était vendue ? Depuis hier. Un irlandais, d’après ce qu’on m’a dit.&lt;br /&gt;     - Qu’est-ce qu’il vient chercher ici ?&lt;br /&gt;     - Aucune idée.&lt;br /&gt;     - C’est un friqué ? demanda l’homme avachis sur son tabouret en déglutissant sa bière.&lt;br /&gt;     - Apparemment, il a tout payé d’une traite. Je sais que la maison ne vaut pas grand-chose dans l’état où elle est, mais en une heure, l’affaire était réglée, et il avait la baraque.&lt;br /&gt;     - Il est tout seul ? grogna un homme à la barbe hirsute à une table, jouant aux cartes.&lt;br /&gt;     - Ouais, et pas causant.&lt;br /&gt;L’arrivant continua à discuter avec le barman un moment tout en faisant diminuer le niveau du Whisky. Des éclats de voix survinrent brusquement suivis de rires bruyants. C’était la table des joueurs de cartes. L’un d’eux s’habilla et s’apprêtait à partir. Un homme d’une trentaine d’années, les sombres cheveux gras noirs et la barbe livrée à elle-même incrustée dans un visage boursouflé, balança amicalement :&lt;br /&gt;     - Hey, Billy ! Une place se libère, tu ne veux pas venir ?&lt;br /&gt;Le blond regarda le barman dans les yeux l’espace d’un instant, puis rétorqua au joueur :&lt;br /&gt;     - Juste une partie alors. La femme va s’impatienter.&lt;br /&gt;     Il prit la chaise de celui qui était partit en ouvrant silencieusement la porte, mais dont le vent la claqua aussitôt.&lt;br /&gt;Plutôt bon joueur et très bon bluffeur, Billy savait qu’il finirait la partie avec la plus grande quantité de jetons. Il avait à sa gauche John, un homme carré, blond à la barbe envahissante. Il avait commencé sa carrière de bucheron à l’âge de quatorze ans. Aujourd’hui, à la tête de cette même entreprise, il avait cinq ou six ouvriers sinon plus suivant la période et la demande. Il avait beaucoup de chance mais il était aussi trop honnête, un défaut au poker, et il était aisé de deviner son jeu.&lt;br /&gt;     En face de lui, le plus dangereux sans doute, Erwann. Un jeune de vingt-six ans à l’avenir prometteur. Fils cadet du boucher, il n’avait nulle intention de marcher dans les traces de son père, et souhaitait travailler dans l’hydraulique, également photographe à ses heures. Il travaillait en tant que saisonnier pour John à la scierie où dans les champs agricoles du coin afin d’amasser suffisamment et partir aux Pays-Bas. Il disait qu’il reviendrait ici après quelques années d’expériences. Très silencieux et calme, il était très dur de voir à travers lui et difficile de savoir si son jeu était bon où mauvais.&lt;br /&gt;     A sa droite, Stéphane, originaire du Danemark. Les cheveux noirs et la chemise couverte de cambouis, à peine sortit du garage, il avait dû immédiatement se diriger vers le pub. Il avait passé la journée sur un tracteur qui refusait de tourner, raconta-t-il. Il était bon joueur, mais avait des tics qui pouvaient laisser planer quelques doutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;     La partie s’engagea, et après deux ou trois tours, Billy avait pris un léger avantage, suivit de très près par Stéphane, et derrière,  John. Finalement, Erwann était dépassé, et il était vrai qu’il ne semblait pas réellement concentré sur le jeu, pensa Billy. Deux valets noirs, la dame de cœur, un cinq et un six noir et rouge. John s’était couché, et Billy savait que Stéphane avait un meilleur jeu que lui. Erwann avait un roi, et il soupçonnait Stéphane d’en avoir un également. De plus, il devait avoir au moins une paire de dames. Il n’avait pas de carré, et ne pensait pas non plus qu’il avait un brelan, car il doutait, son tic était reconnaissable. Quelques fractions de secondes lui furent nécessaires pour l’analyse de son jeu, et nul ne soupçonnait sa réflexion. Sentant qu’il avait l’avantage et de l’assurance, il relança quatre jetons sur le tapis et vit les doigts de son voisin de droite se crisper, et remarqua également un léger mouvement de lèvre : il l’avait déstabilisé. De plus, Stéphane ignorait tout du jeu d’Erwann, et le roi de carreau qu’il avait accidentellement montré ne le rassurait pas. Il penser donc que l’un des deux avait un meilleur jeu que lui, et l’assurance et le calme que Billy et Erwann manifestaient le mettait mal à l’aise. En effet, après avoir compris que c’était à lui de jouer, il regarda son jeu, et jeta cinq jetons sans même toiser le regard de ses adversaires. Finalement, Stéphane prit le risque, suivit sans renchérir, et regarda attentivement les deux autres. Billy suivit à son tour sans hésitation avec un léger sourire discret qu’il feint de dissimuler, et sembla porter tout son intérêt à Erwann qui regardait le vol irrégulier d’une mouche autour de la source lumineuse, comme s’il ne considérait pas Stéphane comme une menace. La ruse fonctionna dans l’instant, et l’homme aux cheveux noirs était totalement déstabilisé. Finalement, comme s’il se réveillait, Erwann regarda alternativement son jeu et le tapis, son jeu, puis le tapis à nouveau, son jeu encore une fois, puis coucha ses cartes. Stéphane en déduisit donc que c’était Billy qui avait un meilleur jeu que lui. Si Erwann était son adversaire, il aurait pu le duper, mais pas Billy, il décida donc d’arrêter là les frais, et se coucha à son tour. John étudiait attentivement tout ce qui se déroulait devant lui en essayant de transpercer les joueurs, mais n’y parvint pas. Satisfait car victorieux, Billy abattit son jeu, et la frustration se lisait dans les yeux de Stéphane tandis que la surprise se lisait dans ceux de John ; Erwann n’avait pas encore compris que le tour était terminé. Et effectivement, comme le pensait Billy, Stéphane avait deux dames, mais Erwann avait deux valets et une paire de neuf. Ce n’était pas la qualité du jeu, mais la qualité du joueur qu’il l’avait emportait une fois de plus.&lt;br /&gt;     La partie se poursuivit jusqu’à ce que l’horloge affiche 1h00. Là, Billy décida de rentrer en répétant qu’il s’était déjà beaucoup trop attardé. Il avait remporté la partie, et donc une tournée offerte par un des joueurs valable la fois prochaine. Erwann était remonté, mais n’avait pas fait mieux que Stéphane. John quant à lui, avait tout juste conservé deux ou trois jetons sur sa table. Le bar était presque vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;     Billy sortit, et la tempête ne semblait pas s’être calmée. Il dût lutter contre le vent et se confronter à la poussière, à des seaux, des bidons et même un volet arraché d’une fenêtre plus loin. Finalement, après une courte errance en titubant à force de lutter contre les intempéries, Billy parvint à rejoindre sa maison en haut de la rue.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3918826982792166367-1882447760375624415?l=nouvelles-de-will.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/feeds/1882447760375624415/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3918826982792166367&amp;postID=1882447760375624415' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3918826982792166367/posts/default/1882447760375624415'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3918826982792166367/posts/default/1882447760375624415'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nouvelles-de-will.blogspot.com/2009/06/chant-du-vent.html' title='Chant du vent'/><author><name>Will</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01010456360214085255</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
